En français,  Fantasy,  Science-fiction

Tous les oiseaux du ciel – Charlie Jane Anders

« Et oui, une telle merveille d’ingénierie pouvait être à la fois belle et gratifiante. Brillante et robuste. Elle ressentait la même affection pour cet engin que pour les vieilles machines à écrire que vendait la galerie hipster sur Valencia ou pour un joli moteur à vapeur. Ces choses naissaient d’un excès d’orgueil, parce qu’elles finissaient toujours par cesser de fonctionner, ou pire, par tout casser. Mais peut-être que Laurence avait raison et que ces appareils rendaient les êtres humains uniques. Nous fabriquions des machines, de la même façon que les araignées produisent de la soie. »

Editeur : J’ai Lu

Synopsis

Patricia Delfine, sorcière philanthrope qui parle le langage des animaux, et Laurence Armstead, petit génie de l’informatique qui déteste qu’on l’appelle Larry, étaient faits pour se rencontrer. Tous deux sont des parias, incompris de leurs familles et méprisés par la société, mais l’un comme l’autre sont appelés à connaître un destin exceptionnel. Alors que la fin du monde approche, ils vont devenir à leur corps défendant les champions d’un conflit qui les dépasse et dont dépend le sort de l’humanité. À moins que le lien indéfectible qui les unit ne porte en lui les clés d’une troisième voie…

Pourquoi lire Tous les oiseaux du ciel ?

• Le mélange atypique entre la fantasy et la science-fiction, dans un monde qui ressemble beaucoup au nôtre.

• L’humour décalé de l’auteure, et les situations improbables qu’on a plaisir à suivre.

• Des éléments secondaires originaux tels que l’intelligence artificielle, un assassin étrange, …

Mon avis

Ce qui m’a donné envie de lire Tous les oiseaux du ciel c’est son résumé. Intriguant et original. Et bien que l’histoire se soit révélée être totalement différente de ce que j’imaginais, sur ce point-là mon intuition était la bonne.

Dans ce livre, l’intrigue principale ne démarre pas tout de suite. On prend d’abord le temps d’apprendre à connaître les personnages et leur particularité : la magie pour Patricia et la science pour Laurence. Et même si a priori tout semble les opposer, en réalité ils sont très semblables parce qu’ils sont exclus, singuliers. C’est bien là le sujet de toute une première moitié du roman : la différence, l’exclusion et ses conséquences. J’ai trouvé cette partie très émouvante, parce qu’assez répétitive sans l’être trop au fond : on ressent vraiment l’idée que le harcèlement qu’ils subissent ne finira jamais et on s’attache aux personnages. On veut qu’ils s’en sortent.

Le démarrage m’a désarçonnée, parce que je ne m’attendais pas à suivre les personnages aussi jeunes (ils sont collégiens pendant une bonne partie du roman). Mais je me suis vite laissée emporter en oubliant d’essayer de prévoir ce qui allait arriver. Et dans ce livre il vaut mieux, parce qu’on ne sait jamais où l’on va : l’intrigue part régulièrement dans tous les sens ou prends des tournants inattendus.  Plusieurs scènes m’ont fait réagir à coup de « Hein ? Quoi ? Wtf ? », mais finalement on l’accepte et c’est plutôt amusant ! J’ai bien rigolé, surtout pendant la scène avec Drake la poule (je vous laisse découvrir).

On a un peu l’impression, et c’est peut-être le cas, qu’à chaque fois que l’auteure a une idée barrée, elle l’incorpore à l’histoire. Sans pour autant perdre la cohérence globale du récit. Enfin en générale, parce quand on commence à y regarder de plus près, il y a quand même un paquet d’intrigues secondaires qui ne mènent finalement nulle part : des personnes qu’on ne recroise jamais ou anecdotiquement, des éléments qui trouvent une réponse précipitée, des pistes ouvertes qui ne sont jamais exploitées. La fin ne fait pas exception : elle est rapide, trop rapide.

Dans la même lignée, on a le droit à de nombreux personnages secondaires qui ont des particularités intéressantes et originales, mais qui ne sont jamais vraiment approfondis. Aucun personnage secondaire n’est réellement mémorable.

Dans la seconde moitié, on s’intéresse d’avantage au sort de notre planète et aux réponses que peuvent apporter la science et la magie. Bon vous vous en doutez, entre ces deux visions, ils ne sont jamais d’accord et ils vont partir sur deux idées très différentes. Pourtant aucune n’est véritablement meilleure que l’autre. Et c’est drôle, j’ai trouvé la magie presque plus compliquée que la science. Les sorciers suivent des règles strictes alors que de l’autre côté, on dirait que la science peut tout réaliser pour peu que l’on ait les bouts de métal qui vont bien.

Au niveau de la forme, il y a parfois des mots ou des tournures du langage familier qui sortent un peu de nulle part dans les phrases (« qui leur donnait grave l’impression », « elle s’apprêtait à lever son cul ») et ça participe au sentiment d’étrange et d’étonnement que provoque le livre. On aime ou on n’aime pas.

Bref, Tous les oiseaux du ciel a été une lecture atypique mais émouvante, drôle mais brouillonne, déboussolante mais intéressante, … Pas un chef d’œuvre, mais une agréable et amusante lecture.

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :