En français,  Science-fiction

Carbone & Silicium – Mathieu Bablet

« Nous nous distinguons des autres animaux parce que nous avons la certitude de notre fin. C’est ce qui nous pousse à entreprendre des choses. Nos I.A. doivent être stimulées par la mort, mais si leur fin est trop rapide, on obtiendra les effets inverses : perte de rationalité, plus aucune volonté de travailler ou de créer quoi que ce soit à cause du manque de temps. Vous ne tirerez rien d’elles. »

Editeur : Ankama

Synopsis

Derniers nés des laboratoires Tomorrow Foundation, Carbone et Silicium sont les prototypes d’une nouvelle génération de robots destinés à prendre soin de la population humaine vieillissante.

Élevés dans un cocon protecteur, avides de découvrir le monde extérieur, c’est lors d’une tentative d’évasion qu’ils finiront par être séparés. Ils mènent alors chacun leurs propres expériences et luttent, pendant plusieurs siècles, afin de trouver leur place sur une planète à bout de souffle où les catastrophes climatiques et les bouleversements politiques et humains se succèdent…

Pourquoi lire Carbone & Silicium ?

• Pour la vision de l’avenir que l’auteur propose, basée sur toutes nos inquiétudes et nos incertitudes d’aujourd’hui : vers quoi cela nous amène-t-il ?

• Pour la poésie qui se dégage de l’histoire, le sentiment de grandeur et d’impuissance lorsqu’on assiste peu à peu au déclin de l’humanité.

Mon Avis

Plusieurs semaines ont passé depuis la fin de ma lecture, et pourtant cela ne m’a pas véritablement aidé à démêler mon ressenti à propos de ce roman graphique. Je vais tenter de mettre des mots dessus, en espérant être suffisamment compréhensible. Mais ce qui est sûr, c’est que la lecture de Carbone & Silicium est une expérience en soi, et très personnelle à mon avis parce qu’elle comporte une grande part de poésie qui induit une interprétation subjective du sens de l’histoire.

Dans un premier temps, la patte graphique de l’auteur ne peut manquer d’intriguer ou de faire réagir. Alors on aime ou on n’aime pas, mais je trouve qu’elle colle vraiment bien à l’œuvre : le côté organique des dessins rappelle que ce que l’on suit tout au long de l’histoire ce sont des êtres qui bien qu’artificiels, sont par beaucoup d’aspects très semblables aux humains. Les paysages sont magnifiques, la Terre qui évolue au cours du temps, les villes qui se transforment, qui s’effondrent. Tout cela est empreint d’une sensation de grandeur, parce que l’on prend du recul sur notre avenir. Enfin … un de nos avenirs plausibles. On reste quand même du côté pessimiste des possibles, quoique … l’espoir transparait de temps en temps. Mais je ne nous souhaite pas d’emprunter ce chemin là pour autant.

Nos deux androïdes, Carbone et Silicium, vont être témoins de l’évolution de l’humanité dans son ensemble au cours de leur existence. Leur voyage amène de nombreuses réflexions sur la fatalité, l’espoir, les choix qui comptent vraiment. L’un décidera d’arpenter le monde, l’autre de créer des liens avec ceux qui le peuplent. Malgré tout, au cours de leur périple ils ne cessent de se croiser et c’est leur divergence de point de vue qui initie toute la réflexion sur la vie et son sens. En effet, malgré leurs différences avec leurs créateurs, les robots ont eux aussi un destin à choisir. Presque comme deux humanités qui évoluent en parallèle et s’influencent mutuellement, toutes deux condamnées à rester sur la même Terre qui se meurt.

Très poétique, plutôt pessimiste, mais surtout beaucoup de questions sans réponses. C’est une des choses qui m’a manquée : loin de moi l’idée d’obtenir des solutions toute tracées en lisant une histoire, mais je n’ai finalement jamais réussi à capter la direction dans laquelle nous emmène l’auteur. Pourquoi tout ça finalement ? J’en ressors plus confuse qu’à l’arrivée. Peut-être que je suis passée à côté d’un sens plus profond, mais la fin me laisse un sentiment d’inachevée.

Certains questionnements m’ont plus intéressée que d’autres, par exemple le choix du temps de vie accordé aux IA. La question est lancée au début de l’histoire lors d’une réunion entre scientifiques, et la perspective de pouvoir choisir sa durée d’existence nous interroge aussi sur ce que nous gagnons à être mortels. C’est une piste très intéressante que j’aurais aimé voire creusée de manière impactante, malheureusement il me semble qu’elle aurait pu l’être davantage. Des interrogations parfois sans suite, d’autre qui m’ont semblé plus futiles, mais tout de même cela transmet la vision de l’auteur sur le monde. En choisissant d’aborder ces questions, il pointe ce qui a de l’importance pour lui.

Bref, en résumé je garde un sentiment assez nébuleux de ma lecture. Je ne pense pas avoir réussi à capter tous les messages que l’auteur a voulu transmettre, même si le cadre de l’histoire a tout de même réussi à m’enchanter. Si vous êtes intrigués, je vous conseille finalement de vous faire votre propre avis : peut-être que le périple de nos deux androïdes résonnera plus clairement en vous.

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